ACTE I, SCENE 4

Paul et Jeanne sont au salon autour d'un café, avec quelques chocolats, bien sûr !

 

JEANNE

Tu sais chéri, il faudrait que l'on voir ensemble comment nous allons aborder cet entretien avec la maitresse de Sophie.

 

PAUL

Tu la connais beaucoup mieux que moi, tu l'as déjà croisée, comment est elle ?

 

JEANNE

Bof ! Je ne la trouve pas très constante. Quand Sophie est arrivée dans sa classe, elle n'a pas tari d'éloges à son égard. Trois semaines plus tard, je l'ai croisée à la sortie de l'école et j'en ai profité pour demander si tout allait bien, là j'ai pris une douche froide : "Ça ne va pas du tout, m'a-t-elle dit, il faut que nous nous voyons sans tarder". Malheureusement la semaine suivante elle était absente, puis il y a eu les vacances. J'ai laissé volontairement passer une semaine après celles-ci pour que chacune reprenne ses marques et puis je suis retournée la voir pour lui demander si son rendez-vous était toujours d'actualité et elle m'a répondu que non, qu'il fallait laisser à Sophie le temps de s'adapter, que, d'ailleurs à ce niveau elle considérait que les soucis de "méthodologie" ne la concerne plus. Cela fait deux semaines de cela et là, nous sommes convoqués.

Enfin, je dis "nous", mais j'ai répondu que je viendrai sans te mentionner. Je lui laisse la surprise !

 

PAUL

Elle n'a pas l'air très logique, en effet, et si tu dis qu'elle s'est permis des jugements de valeurs...

 

JEANNE

Je pense que c'est elle qui nous demande de venir, et non pas l'inverse, donc nous pourrions envisager de l'écouter, froidement, et ensuite, de poser quelques questions pour l'amener à comprendre que, peut être, Sophie aurait besoin qu'on prenne le temps de lui expliquer comment est organisée la classe. Je pense qu'il faut absolument savoir en sortant de là si elle est prête à travailler en symbiose avec nous pour Sophie, si son énervement était momenttanné ou si elle ne revient pas sur ce qui s'est passé. Comme c'est quelqu'un de bavard, si nous la laissons parler, il y toutes les chances pour qu'elle en dise trop et qu'elle se prenne les pieds dans le tapis toute seule.

 

PAUL

C'est bien possible. Nous allons la laisser parler puis ensuite nous lui demanderons ce qu'elle compte faire et à quelles solutions elle a pensé. Elle a intérêt à y avoir réfléchi ...

 

JEANNE

Oui,je n'aime pas trop la façon dont elle s'est déchargée sur les autres élèves pour accueillir Sophie. De cette façon, une nouvelle arrivante avait toutes les chances de passer pour un boulet... Au fait, je pense qu'il faudra soigner la présentation aussi. Il est hors de question qu'elle puisse un instant nous prendre pour de pauvres crétins arriérés à la progéniture trop nombreuse...

 

PAUL souriant

Toi, tu as trouvé un moyen de me faire porter une cravate ! Sois sans crainte, je serai on ne peut plus présentable, quand à toi...

 

JEANNE

Moi ? J'ai ma petite idée ... Je vais me déguiser en vraie femme d'affaire pour régler celles de notre fille !

 

PAUL

Mmmmm ! Je suis presque impatient d'arriver au rendez vous !

se levant : il faut que je retourne au travail

 

Ils sortent en riant