ACTE II, SCENE 4

Paul et Jeanne sont devant la porte de l'école.

 

JEANNE

Je suis sans voix ! Jamais je  ne me suis sentie si mal reçue !  C'est à peine croyable... Cette maîtresse a passé une demie-heure à justifier une attitude injustifiable ! Et c'est de la faute de tout le monde sauf de la sienne. Tout ce à quoi nous avons été bons à ses yeux c'est d'avoir appris à lire à Sophie.

 

PAUL

C'est sûr qu'elle met le parapluie. Je me demande ce que ça va donner en face de la directrice.

 

JEANNE


Écoute, la directrice connaît son institutrice, elle sait que depuis trois ans que nous mettons nos enfants dans son école, jamais je n'ai fait la moindre histoire, que j'ai toujours privilégié le dialogue et l'écoute. Je m'entends bien avec elle. Je suis toute prête à croire qu'elle saura faire la part des choses et il y a fort à penser que nous ne sommes pas les premiers à être aussi mal accueillis pas cette maîtresse;

Ce que je me demande par contre c'est ce que nous allons bien pouvoir faire de Sophie lundi.

 

PAUL

Lundi, nous n'avons pas le choix, il va falloir qu'elle aille à l'école.

 

JEANNE

Si ça se passe mal avec la directrice, que ferons nous ?

 

PAUL

Il faudra reprendre Sophie à la maison et tu reprendras le travail avec elle.

 

JEANNE

J'ai bien envie d'attendre que nous nous soyons expliqués avec la directrice pour décider de remettre ou non Sophie à l'école.

 

PAUL

Mais elle ne peut pas rester absente si longtemps.

 

JEANNE

Je ne sais pas. Je n'ai pas souvent été aussi indécise. Je n'ai pas du tout envie de confier ma fille à cette maîtresse. Il est évident qu'elle n'est pas très claire. Je la crois volontiers dépressive... Tu ne crois pas ?

 

PAUL

Ecoute, c'est bien probable qu'elle n'ait pas le moral, on verra d'ici lundi.

 

JEANNE

Oui, nous avons tout le week end pour nous décider après tout.

 

Ils s'avancent vers leur voiture en silence