ACTE III, SCENE 3

Jeanne et Sophie sont dans le bureau du directeur de l'école privée.

 

JEANNE

Voici Sophie dont je vous ai parlé au téléphone. Comme je vous l'ai dit, nous venons de la retirer de l'école public de notre quartier parce que cela se passait mal avec son institutrice, qui, je crois, l'a prise en grippe.

 

LE DIRECTEUR à Sophie


Ah et que te reprochait ta maîtresse ?

 

SOPHIE rougissant

Eh bien, je ne suis pas très ordonnée, ni très organisée...

 

LE DIRECTEUR

Cela tombe très bien ! Tu sais, moi non plus je suis désorganisé. Oui, oui, même moi... on peut tout de même faire du chemin.

 

JEANNE

Il faut dire qu'elle n'a pas été aidée, elle s'est trouvée parachutée dans sa classe, et personne n'a pris le temps de lui expliquer le fonctionnement de l'établissement. Il vous faut savoir qu'elle n'avait jamais été scolarisée avant...

 

LE DIRECTEUR

Oui, vous me l'aviez dit. Cela n'est pas un problème. Les enfants scolarisés à la maison ont souvent un niveau meilleur que celui des enfants qui vont à l'école.

 

JEANNE

Vous verrez cela, je n'ai pas vraiment de critères pour juger de son niveau, mais je me suis trouvée en bute à sa maîtresse parce que je n'ai pas utilisé avec Sophie un vocabulaire récent. Elle ne savait pas ce qu'était un "groupe nominal", par exemple, alors qu'elle sait très bien faire une analyse grammaticale complète. Il est possible qu'elle ait d'autres difficultés de cet ordre.

 

LE DIRECTEUR

Rassurez vous, madame, c'est normal, et je prendrai le temps de lui expliquer tout cela. Elle sera bien accueillie aussi. Vous savez, les écoles privées, à la différence du public, ont un projet éducatif. Je n'envisage pas mon métier par l'apprentissage de matières scolaires indépendamment des enfants. Je pense que c'est leur personne toute entière qu'il faut prendre en compte. Comptez sur moi pour aider Sophie à oublier sa récente mésaventure....

 

La scène de termine par les nécessaires préoccupations d'ordre administratif, qui n'intéresseront pas, je pense le lecteur...